Trois points, trois buts, match plié. Sauf que si t'as regardé le jeu plutôt que le score, t'as surtout vu une équipe qui gagne malgré son organisation, pas grâce à elle. Et contre Metz, lanterne rouge, ça mérite qu'on s'y arrête.
Le paradoxe Greenwood
C'est le truc le plus frappant du match. Deux passes décisives pour Greenwood... Et les deux arrivent dans les rares moments où il se retrouve dans l'axe, au cœur de l'attaque marseillaise. Là il est dangereux, là il fait des différences. Le reste du match ? Cantonné à droite, le long de la ligne, avec un couloir à remonter et peu d'espaces à exploiter.
Le problème c'est pas Greenwood. C'est qu'il est positionné pour un rôle qui n'est pas le sien. Il n'est pas ailier pur. Il est un joueur entre les lignes, qui lit le jeu dans l'axe, qui glisse dans les espaces. Le mettre sur le côté c'est se priver de sa meilleure version pour 80% du match.
Gouiri : le flou subi ou assumé ?
En face de Greenwood, Gouiri en 9 et demi crée une asymétrie totale dans l'animation offensive. D'un côté t'as un joueur dans l'axe qui se projette, de l'autre un ailier contraint à sa ligne. Le résultat c'est un bloc offensif qui penche d'un côté, des dézonages qui se marchent dessus, et une défense adverse qui n'a pas grand chose à gérer sur le plan positionnel.
La question c'est : est-ce que Beye construit quelque chose autour de cette asymétrie, ou est-ce qu'il la subit ? Vu le match, difficile de voir une intention claire derrière. Ça ressemble plus à une accumulation de profils individuels qu'à un vrai système.
Une équipe qui gagne en transition, pas en construction
Les trois buts marseillais : Aubameyang à la 13e, Paixão à la 48e, Traoré à la 90e+3 viennent tous de transitions ou de situations rapides, pas d'une construction placée qui fait souffrir le bloc adverse. L'OM est dangereux quand il joue vite, quand il surprend, quand le jeu est ouvert. Dès qu'il faut poser le ballon et construire contre un bloc bas, les limites apparaissent.
Face à Metz c'est passable. Face à Monaco, Lille ou n'importe quelle équipe qui défend sérieusement, ça se paye. L'OM est 3ème en attendant les résultats de ses concurrents et ce match ne change pas vraiment le diagnostic..
Ce que ça dit de Beye
L'effectif est là. Les profils existent pour construire quelque chose de cohérent. Mais pour l'instant l'OM ressemble à une équipe qui accumule les talents sans vraiment les agencer. Greenwood dans l'axe, Gouiri avec plus de liberté, une animation offensive lisible, c'est pas une révolution, c'est juste utiliser les joueurs pour ce qu'ils savent faire.
Trois points contre Metz, c'est le minimum. Le reste, Beye a encore du travail.